Vidéosurveillance en copropriété : avantages et limites
Les caméras ne suppriment pas les incidents. Elles en réduisent certains, permettent d’élucider les autres, et changent la discussion avec l’assureur et la police.
Mis à jour le
Ce que les caméras apportent
- Savoir ce qui s’est passé. Qui a forcé la porte du local vélos, à quelle heure, par où il est entré. Sans images, la copropriété ne peut que constater.
- Dissuader les actes d’opportunité. Tags, dépôts sauvages, vols de colis : celui qui hésite renonce plus facilement devant une caméra visible.
- Appuyer une plainte. Des images datées donnent aux enquêteurs un point de départ que n’offre pas une plainte contre X sans élément.
- Documenter un sinistre. Les images aident à établir les circonstances auprès de l’assureur.
- Apaiser. Le sentiment de sécurité dans le parking ou le hall compte pour les résidents, indépendamment des chiffres.
Ce qu’elles ne font pas
- Elles n’arrêtent personne. Une caméra enregistre ; elle ne ferme pas la porte et n’appelle pas la police.
- Elles ne dissuadent pas tout le monde. Quelqu’un de déterminé, le visage couvert, n’est pas arrêté par une caméra.
- Elles peuvent déplacer le problème vers une zone non couverte. D’où l’intérêt de raisonner par accès plutôt que par zone.
- Elles ne servent à rien hors service. Un système non entretenu donne une fausse assurance.
Par quoi commencer
Avant les caméras, vérifiez trois choses. Elles coûtent moins cher et conditionnent leur efficacité.
- La porte d’entrée et celle du parking ferment-elles vraiment ?
- Les badges perdus sont-ils désactivés ?
- Le hall, le parking et les caves sont-ils correctement éclairés ?
Une caméra dans un hall dont la porte reste ouverte enregistrera beaucoup d’incidents, sans en éviter un seul.
Les objections, et ce qu’on peut y répondre
| Objection | Réponse |
|---|---|
| « On va être surveillés en permanence » | Personne ne regarde en direct. Les images ne sont consultées qu’après un incident, par des personnes désignées, et s’effacent au bout d’un mois au plus. |
| « Ma porte sera filmée » | C’est interdit. Le plan joint à la convocation montre le champ de chaque caméra. |
| « N’importe qui pourra voir les images » | Seules les personnes habilitées par l’assemblée y ont accès, avec un compte personnel, et chaque consultation est notée. |
| « Cela coûte cher pour ce que ça rapporte » | Mettez le devis en regard du coût des réparations et des franchises des deux dernières années. |
| « Cela ne sert à rien, on ne retrouve jamais personne » | C’est vrai des systèmes mal placés ou en panne. D’où l’importance du plan et de la maintenance. |
Mesurer l’effet
Un an après la mise en service, comparez : nombre d’incidents signalés au syndic, coût des réparations, nombre de consultations des images et suites données. C’est ce bilan, présenté à l’assemblée, qui justifie de maintenir, d’étendre ou d’alléger le dispositif.
Et la valeur des appartements ?
Aucune règle générale. Un parking et un hall en bon état, où les dégradations ont cessé, pèsent favorablement lors d’une visite. Des caméras seules, dans des parties communes dégradées, ne changent rien.
Voir aussi : les étapes d’un projet et le budget.